07/02/2006
La Femme en Finlande

Les pays nordiques ont développé un aspect du droit des citoyens qui ne ressemble à aucun autre dans le monde. Ainsi, en matière d'égalité entre hommes et femmes, la Finlande a une avance importante sur ses voisins européens…
Toutefois, cette politique sociale est critiquée par bon nombre de pays libéraux, à commencer par les Etats-Unis qui jugent négativement cette volonté d'instaurer un état-providence où celui-ci prend en charge la totalité des besoins des citoyens (civiques, politiques et sociaux). Ils accusent ainsi la Finlande de favoriser une société d'assistance plutôt qu'une société de droits véritables.
Cependant, ce pays offre l'une des moins importantes disparités au monde entre les hommes et les femmes. Ainsi, les finlandaises sont libérées de la tutelle de leur époux par la loi sur le mariage depuis 1930 (les allemandes, par exemple, ne bénéficient de ce droit que depuis 1977). L'idéologie selon laquelle l'homme est soutien de famille et la femme éducatrice de ses enfants ne s'est jamais installée dans les esprits finlandais.
Ainsi, les finlandaises ont très tôt le droit de travailler au même titre que les hommes. Sachant que la Finlande ne s'est industrialisée qu'à partir de 1960, la femme a donc profité de cette avancée sociale en occupant rapidement de hauts postes administratifs et même industriels grâce, notamment, à un accès total à la scolarité. Du point de vue de la santé sociale, le droit à disposer de son corps comme bon lui semble permet à la femme finlandaise de décider, elle seule, du moment où elle veut être enceinte. Cette politique permet à la Finlande d'afficher, aujourd'hui, l'un des taux d'avortement le plus bas au monde : le problème de l'avortement ou de la maternité des jeunes filles est pratiquement inexistant…
Alors, la Finlande serait-elle le paradis pour les femmes ? Oui, sur les points que nous venons d'évoquer ci-dessus. Non, au niveau de la violence familiale, du harcèlement sexuel et de la violence psychologique au sein du travail. En effet, les gouvernements ont pris, au sujet du viol, un retard assez contradictoire en regard des autres avancées sociales de protection et de valorisation des droits de la femme. Ainsi, ce n'est qu'en 1994 que le viol a été criminalisé et ce n'est que depuis 1995 que le procureur général peut se porter "partie civile" dans les cas de violence familiale.
En outre, ce n'est que récemment que les finlandaises ont commencé à s'intéresser publiquement à la question de leur intégrité corporelle. Les questions de revenus les avaient davantage mobilisées. Là encore, c'est la prise de conscience de leur identité qui a permis aux femmes de faire valoir leurs droits en matière de respect physique…
La condition de la femme en Finlande a progressé sur bien des points. Il reste néanmoins des caps à franchir au niveau de la domination physique qu'exercent encore certains hommes sur leur épouse ainsi qu'une nécessaire avancée judiciaire en ce qui concerne la protection de leur intégrité. La crise économique qui a débuté en 1990 a profondément atteint le système "d'état-providence" de la Finlande : L'égalité évidente entre hommes et femmes a, de ce fait, diminué au niveau des salaires, des licenciements et du respect de certains acquis sociaux-économiques.
Il est à souhaiter fortement que la Finlande se relève vite de cette crise afin qu'elle puisse rester un exemple à suivre sur bien des aspects en matière de reconnaissance de la femme dans la vie sociale, économique et familiale : un état de droits au féminin !
| Source : rapport ONU 97 et Prof. Raija Julkunen (université de Jyväskylä) Photo : www.corbis.com |
09:15 Publié dans droit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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